Chapitre I : La jeunesse

Chapitre II : Londres

Chapitre III : L'homme public

Chapitre IV : La fin et le souvenir


Annexes diverses

Sources







Dernière mise à jour le 08/07/2014

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Pierre Bourdan

Chapitre I : La jeunesse

Pierre Maillaud est né le 12 mai 1909 , au domicile de ses parents, 2 Place Bardou Job à Perpignan. Son père, le capitaine Firmin Maillaud, berrichon d’origine, vient, à 44 ans, de prendre sa retraite. Sa mère, née Louise Brezzi, sans profession, est issue d’une famille cévenole. Elle est alors âgée de 26 ans. Pierre est leur deuxième fils, Robert l’aîné est né en 1905. Il sera tué le 10 juin 1940 à Argentan lors d'une charge à cheval contre les blindés Allemands!
Le frère de Firmin Maillaud, Fernand Maillaud, est un peintre renommé qui appartient à l’Ecole de Crozant dont les membres trouvent leur inspiration dans la vallée de la Creuse.Il disparaîtra lui aussi en 1948.
Entre 1919 et 1925, pendant les vacances, la famille séjourne au Bourg d’Hem en Creuse, chez un des amis de Fernand Maillaud, l’écrivain Raymond Christoflour.(Il obtiendra le prix Fémina Vacaresco –ancêtre du Prix Fémina Essai- en 1939 et il recevra un prix de l’Académie Française en 1955).
C’est en mémoire de ce petit village du Bourg d’Hem que l’on prononce [bourdan] que Pierre Maillaud choisira, à partir du 3 août 1940 et pour protéger les siens, de devenir Pierre Bourdan.
Le hasard des affectations paternelles le conduira à fréquenter de nombreux établissements scolaires, à Limoges, Amiens, Paris (au lycée Henri IV) et à Guéret où il passe le bac en 1925. Le palmarès de cette année là montre un élève particulièrement brillant qui cumule les distinctions. (En 1949, un an seulement après sa mort, son nom sera donné à son lycée de Creuse qui deviendra, en présence de François Mitterrand, le Lycée Pierre Bourdan.)
Sans doute poussé par son lieutenant-colonel de père, sorti du rang, il intègre le Prytanée Militaire de La Flèche pour y effectuer sa terminale philo. On ne sait pas s'il était volontaire, s'il envisageait une carrière militaire, mais les choses tournent mal. Le surdoué voit ses résultats s'effondrer au point qu'il ne figurera pas cette année-là au palmarès de sa classe et qu'il ne sera même pas reçu au bac en 1926 !
On trouve dans ses carnets personnels une brillante diatribe, en vers, contre le Prytanée intitulée:

"De l'horreur des prisons du Prytanée militaire
Et de leurs habitants,
Description pittoresque, véridique."
Faite par un des éprouvés.


Il ne redouble pas et n’entreprend pas d'études supérieures.
Après son départ du Prytanée, il retourne vivre chez sa mère Rue de Lubeck à Paris et se lance à fond dans le journalisme.Stagiaire au Moniteur de l’Afrique du Nord depuis 1924, il intègre La journée Industrielle en 1927. En novembre de la même année, il rencontre celle qui deviendra son épouse, Jeanne Dalbiez, qui prépare une licence en droit à la Sorbonne tout en travaillant dans une compagnie d'assurance. Ils font du sport et du théâtre, il publie en 1930 un recueil de poèmes Onyx et ils se marient le 12 mars 1931. Ils auront deux enfants , Michèle, née en 1931 et Ian né en 1935.(A la naissance de sa fille, lorsqu’il demanda une journée de congé, ses collègues eurent du mal à le croire tant il paraissait juvénile. Il décida alors d’acheter un chapeau, pour faire plus âgé! )
En 1931, il intègre les services étrangers de l’Agence Havas à Paris. Il est nommé peu après sous-directeur du bureau de Londres que dirige Paul Louis Bret. Il rejoint l’Angleterre avec femme et enfant en 1932. Il y retrouve Maurice Schumann, qu’il connaissait déjà et qui a lui aussi été affecté au bureau de Londres. C’est à ce poste qu’on le retrouve en 1939, à la déclaration d’une guerre qui ne le surprend pas vraiment tant il est resté dubitatif devant les accords de Munich.